Préface de Pierre Bergé

Marian Adreani

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Il n’y a rien de moins objectif qu’un objectif, disait Jean Cocteau dans un de ses aphorismes dont il avait le secret. Il avait raison.

On le constate aujourd’hui où des millions de gens, avec leur téléphone portable se prennent pour des photographes et photographient tout et n’importe quoi. Que photographient-ils ? Ce qu’ils voient et dont ils veulent conserver le souvenir. Un paysage, un visage, un accident, un mariage. J’en connais même qui se sont construit une réputation de cette manière, qui ont passé leur temps à traquer dans les rues les boiteux, les mongoliens, les oubliés du bonheur.

Une photo ne se fait ni avec un sujet ni avec un objectif mais avec un oeil. Le meilleur exemple est Henri Cartier-Bresson qui a toujours travaillé avec son Leica, sans recadrer ni retoucher. Il n’est pas le seul. On pourrait en nommer bien d’autres.

Marian Adreani est un artiste. Ses photos lui ressemblent, c’est-à-dire qu’elles le dévoilent en même temps que son sujet, tant il est vrai qu’un artiste fait toujours son propre portrait.